« A hlan Wasahlan », bienvenue, comme on dit là-bas, au pays de l’or noir. Entre l’Arabie Saoudite et le Sultanat d’Oman, s’étend le plus vaste des sept Emirats : Abu-Dhabi. La capitale de cette fédération du désert ajoute, au faste et au luxe que l’on connait déjà à Dubaï, la volonté de devenir place culturelle mondiale incontournable.
Il est vrai que Dubaï accapare les feux de la rampe, avec son développement irraisonné du tourisme de luxe et son grignotage sur la mer, faute de place sur la terre. Tandis qu’Abu-Dhabi, « le père de la gazelle » en arabe, fait montre du contraire.
L’Emirat représente 80% de la surface des Emirats Arabes Unis et sa capitale éponyme, face au Golf Persique, est une oasis verdoyante gagnée sur les dunes blondes de l’aride désert du Quart vide. Enfin, une oasis où l’on ne cultive plus guère la datte, comme au temps des bédouins, avant la découverte du pétrole dans les années 60.
Dorénavant, ce sont les berlines blanches aux vitres fumées que l’on cultive, ainsi que les Palais des mille et une nuits et les gratte-ciels rutilants. Les exemples les plus probants ? L’Emirates Palace, autoproclamé 7 étoiles, a fait venir d’Algérie le sable de sa plage, réputé être le plus blanc. Le Shangri-La, qui a ouvert un somptueux complexe de luxe, de calme et de volupté, fait face à la mosquée de 20 000m² nouvellement construite en la mémoire du Cheikh Zayid bin Sultan Al Nahyan, le patriarche à qui l’Emirat doit tout. On est fier, ici, qu’elle soit la troisième plus importante au monde, que ses colonnes soient en marbre d’Italie et ses lustres en cristaux Swarovski.
Fier aussi qu’elle ait été édifiée pour 600 millions de dollars, un chiffre impressionnant qui n’est pourtant que le revenu pétrolier de trois journées.
Et c’est ce miracle de l’or noir qui permet à la ville d’entreprendre un programme culturel pharaonique dont le monde entier s’est fait écho : l’édification de quatre musées par les quatre architectes les plus en vue, le Louvre Abu-Dhabi par Jean Nouvel, une nouvelle Fondation Guggenheim imaginée par Frank Gehry, un centre pour les Arts vivants par Zaha Hadid et un musée de ma marine semiimmergé, par le Japonais Tadao Ando.
En marge de ces explosions architecturales, il n’en demeure pas moins qu’il y a toujours à Abu-Dhabi la possibilité de visiter quelque vieux fort, de découvrir le marché aux chameaux ou l’hôpital des faucons, emblème national. Enfin, on apprendra que s’abîmer dans la contemplation d’un coucher du soleil sur les dunes, en fumant la Chibcha en compagnie d’un authentique cheik, vaut tous les dollars du monde.
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