Sergio Pizzorno , Chris Edwards et Ian Matthews. Ces quatres anglais originaires de Leicester ont sorti cette année leur troisième album : West Ryder Pauper Lunatic Asylum et c’est sans doute le disque de rock le plus bluffant de 2009. Londres, 16 juillet 2009, quelques heures avant leur concert à la Brixton Academy, je rencontre Tom, le chanteur. Dans quel état d’esprit étiez-vous avant d’enregistrer votre nouvel album ?
TM : J’avais envie de faire une pause. Après notre longue tournée, j’avais grand besoin de retrouver mes amis, ma famille, de me sentir normal !
Après la folie…
TM : Complètement. Après quelque temps, Sergio m’a appelé pour que l’on commence à travailler sur un nouvel album. On a eu en fait à peine quatre mois de repos avant de se remettre au travail.
Aviez-vous une idée précise de ce que vous vouliez pour ce troisième album ?
TM : On ne savait pas vraiment… On avait une idée pour le titre, on était attiré par le son rock de la fin des années 60, on faisait des reprises des groupes de cette époque, The Small Faces, The Rolling Stones… On était inspiré par ces pochettes très colorées et créatives et aussi par une certaine forme de folie. D’où le choix du titre de l’album ! Aviez-vous en tête de faire un disque ambitieux ?
TM : On est un groupe ambitieux ! (rires). En fait, on voulait continuer à se développer, progresser. On est allé à San Francisco pour rencontrer Dan The Automator. On s’est dit que travailler avec lui ferait évoluer notre son. Mais c’est vrai, on sentait que l’on était en train de produire quelque chose de nouveau, quelque chose d’intéressant.
Sur l’album il y a de nombreux styles. Et parfois sur un même titre, on peut glisser d’un style vers un autre. Malgré cela, le disque est très cohérent et possède une identité très forte. C’est très impressionnant !
TM : Merci, c’est un compliment, j’apprécie vraiment. C’est notre identité propre que l’on essaye de développer, même elle est influencée par différents styles de musique comme le funk, l’acid house, la drum and bass, le rock n’roll ou le son psychédélique des années 60…
En fait c’est notre passion pour la musique qui nous pousse à nous intéresser à cette grande variété de styles. On ne pourrait pas se contenter d’un seul d’entre eux…
On pourrait penser que West Ryder Pauper Lunatic Asylum est un parfait mélange de vos influences et de celles de Sergio…
TM : Oui. On est complémentaires. Pensez-vous que chercher à faire évoluer la musique et son paysage, pour un groupe ou un artiste, donne accès à une sorte de jeunesse éternelle ?
TM : On essaye simplement de faire du rock intéressant, d’être nousmêmes. Il y a tellement de groupes qui pour faire de l’argent copient ce qui marche déjà… Qui copient ce que nous faisons ou ce que nous avons fait dans le passé… À notre niveau commercial, être dans un vrai groupe de rock antiestablishment, c’est cool ! On est un groupe underground qui vend comme un groupe commercial, mais on est resté profondément underground.
Ce goût pour faire évoluer la musique, pour l’amour, la liberté, des allusions à Jimi Hendrix, Donovan, me fait penser que West Ryder Pauper Lunatic Asylum serait la bande son parfaite pour un Woodstock moderne…
TM : Oui, c’est vrai, l’album est une sorte de Woodstock du vingt et unième siècle ! Il est dans l’esprit de la fin des années 60, du début des années 70, des hippies, des activistes… Mais il y a aussi un peu de T Rex, de Led Zeppelin et de toute la suite… C’est sûr, s’il y avait un festival à Woodstock aujourd’hui, on aimerait en faire partie.
Pensez-vous que l’industrie musicale ou même le monde d’une manière générale aurait besoin d’une telle révolution aujourd’hui ?
TM : Je crois que les gens aiment les évènements musicaux, comme Glastonbury ou Coachella, par exemple. Mais je pense qu’ils ne croient plus vraiment à la paix. Il n’y a plus de hippies. Ou alors ils ont les cheveux gris et les seins qui tombent… Les gens qui ont vécu Woodstock en 1969 sont vraiment chanceux.
Sur la pochette de l’album, il y a des drapeaux français, une allusion à Napoléon... Avez-vous un rapport particulier avec la France , son histoire ?
TM : Pas vraiment ! C’est juste que l’on trouvait ça joli ! Le style de la Révolution française nous plaisait. Je devais porter un chapeau stupide au départ mais il me faisait terriblement mal ! C’était une sorte de chapeau de prêtre… La France est un pays que l’on aime bien.
Quelle importance portez-vous à votre look ?
TM : On aime bien le look gitan, les cheveux longs, les bandanas, les bagues… J’ai un conseil mode : achetez un gant argenté avec des sequins dessus puis allez en boîte… (rires).
Avez-vous un message particulier pour les personnes qui ne connaîtraient pas encore votre musique ?
TM : Vivez à cent à l’heure, profitez de la vie, faites tout pour en profiter au maximum, et gardez l’esprit ouvert. Soyez positifs. Il y a tellement de gens négatifs sur cette planète… Résistez ! Peace.
West Ryder Pauper Lunatic
Asylum (COLUMBIA / SONY MUSIC)
www.myspace.com/kasabian
EN CONCERT à PARIS LE 19 SEPTEMBRE 2009 AU GRAND REX DANS LE CAD RE DU PEACE ONE DAY ET LE 23 OCT OBRE 2009 AU BATACLAN.










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