Un samedi après-midi, à l’étage d’un bar du 12ème arrondissement, elle est tout autre : une énergique aux addictions frivoles. Rencontres.
Vous vous droguez à quoi ?
A tout : au chocolat noir, aux cigarettes, au café.
J’adore aussi les grosses bagnoles qui vrombissent
- la mienne est disproportionnée par rapport à
ma taille ! Je suis accroc à mort et je n’ai réussi à
décrocher de rien.
En matière de vêtement ?
Ce sont les chaussures. J’en achète tous le temps.
Je dois avoir 150 paires, de la ballerine aux talons
Christian Dior. Assez peu de basket, néanmoins.
Cette année, je me suis approvisionné chez Westwood.
J’aime beaucoup Chanel et Christian Lacroix.
Comment êtes-vous devenu accroc ?
Jeune, j’avais un petit style. Et puis, un jour, vous
portez une robe magnifique qui vous va parfaitement.
Après, vous ne pouvez plus porter de robe de merde.
C’est horrible. Mon premier choc fut un costume
Prada, ivoire, l’année où ils avaient des costumes
pour femmes. A force de shooting, mes goûts se sont
forgés et, maintenant, même lorsque je porte un
t-shirt dégueulasse, il faut qu’il taille bien. Mais c’est
important ! Un vêtement, ça raconte quelqu’un. Votre
blouson, ce n’est pas n’importe quoi non plus ?!?
Heu... Non. C’est un Paul Smith.
Vous voyez ! Je ne dis pas que l’habit fait forcément le
moine mais les filles qui vont chez H&M ne sont pas
celles qui vont chez Zara. Je ne parle pas d’argent
mais d’état d’esprit.
Que raconterait vos vêtements sur vous?
Toute ma désinvolture. On me demande souvent si
je suis une grande figure rebelle alors que je ne suis
pas dans la revendication mais la désinvolture.
Avant de commencer l’interview, vous me disiez
avoir fait « n’importe quoi » aujourd’hui. Que
vouliez-vous dire par là ?
Sans que l’on se connaisse trop avec l’équipe du « shooting », on a décidé de déconner, à fond. Du coup, on a des photos belles et débridées qui ne ressemblent à aucune de celles que j’ai pu faire auparavant et qui représentent, je pense, les filles d’aujourd’hui. Comme moi, elles aiment jouer aux folles, sans être décérébrées. Du coup : « n’importe quoi » !
Quand on regarde votre filmo, on ne vous imagine pas ainsi.
J’inspire souvent quelque chose de sérieux mais, en même temps, il est rare que la fille soit l’élément comique au cinéma. Ce sont toujours les hommes.
En mai vous teniez les flingues chez Johnie To et vous remettez ça, pour de rire, dans Lucky Luke en octobre. Cette image va donc changer, non ?
Je l’espère ! Pour jouer Calimity Jane dans Lucky Luke, il fallait avoir 8 ans dans sa tête. C’était la première fois que l’on me proposait ce type de film. C’était génial ! Pour autant, est-ce que je suis une actrice comique ? Je ne sais pas. C’est très difficile de déclencher le rire chez les gens. Parmi vos nombreux projets à venir, il y a aussi le film d’Agnès B. Est-il encore d’actualité ? Oui, le tournage a été repoussé parcequ’elle veut le réécrire. Ce n’est pas autobiographique mais elle est partie d’une anecdote, je pense, personnelle : la fugue, en compagnie d’un camionneur, d’une petite fille en conflit avec son père. Je joue la mère. Agnès est une artiste complète, pas seulement une créatrice de mode. Elle a une énergie incroyable. C’est bien simple, en soirée, je suis fatiguée bien avant elle !
Etes-vous un oiseau de nuit ?
A 20 ans, je sortais tous le temps. Je pensais que je me calmerais avec l’âge mais, non ! J’aime toujours tomber de l’avion avec un jean sale et filer manger chez des amis. J’aime toujours aller à Cannes vêtue d’une tenue de soirée. J’adore aussi les boîtes de nuit même si je n’y vais presque plus - déjà, on ne peut plus y fumer, ensuite, ce sont devenus les endroits les plus restrictifs qui soient.
Pour revenir au cinéma, qu’est-ce qui vous pousse à accepter un rôle ?
On sait pourquoi on dit « non », on ne sait pas forcément pourquoi on dit « oui ». C’est comme lorsqu’on rencontre quelqu’un. On ne peut pas sortir avec une personne dont on a fait le tour ou que l’on ne comprend pas du tout. Il faut avoir le début d’une clé, une envie de visiter, de se plonger dans une histoire.
Vous n’avez jamais choisi un rôle pour construire une carrière?
Au contraire, je suis plutôt une « débâtisseuse ». Dès que j’ai l’impression que les choses sont trop en place, je casse. J’ai déménagé 11 fois, parfois pour aller deux portes plus loin. A partir du moment où je me lève le matin et que j’appuie sur le bouton de la cafetière sans me poser de question, ça m’angoisse.
Lucky Luke de James Huth .
Sortie le 21 Octobre.
Text_Julien Welter
Photos_Eddy Briere
Style_Stéphanie Vaillant










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