Marios Schwab

Publié le 30 avril 2010, 18:12
Marios Schwab

Enfant, il rêvait de devenir danseur classique. Á défaut d’esquisser des entrechats, Marios Schwab a finalement choisi de dessiner des arabesques sur le corps des femmes en élisant la mode comme moyen d’expression.

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Depuis ses débuts en 2005, le talent de ce diplômé de Central Saint Martins a été salué par le prix du meilleur talent au british Fashion Award en 2006 et le prix de la Fédération Textile Suisse en 2007. Á travers son art, Marios Schwab renouvelle et réinterprète sans cesse la fascination qu’il voue, depuis son plus jeune âge, au pouvoir de l’apparat : « Les vêtements ont cette capacité de changer l’apparence et la perception d’une personne en quelques instants », ditil en se remémorant ainsi l’élégance de sa mère. Il revendique aussi son approche démocratique de la mode : « Je ne dicte pas, je crée. » Pour lui, elle est un moyen d’expression et non un aboutissement : « Le vêtement est quelque chose de très intime, on vit dedans ! Il doit souligner la personnalité de celle qui le porte, et non pas la déguiser, l’empêcher d’être elle-même. Chacun doit effectuer des choix stylistiques en fonction de ses propres convictions. » Ses créations, qu’il compare à un « langage silencieux », ne s’ancrent pas dans les tendances, mais c’est plutôt à celles qui les portent de les investir de tout leur sens.
Á la manière d’un architecte, il édifie les charpentes de ses robes notamment la petite robe noire, sa signature - telles des sculptures, en partant de la structure du corps féminin, qu’il compare à une « toile blanche.» Alors que l’approche est expérimentale, presque scientifique, son processus de création est « spontané, inné et intense. »
Ses robes coupées au scalpel, gainent les courbes, épousent et définissent les formes en évoquant tantôt une dissection anatomique tantôt des formes organiques. drapé, galbé, suggéré, dévoilé ou orné tel un bijou, le corps est sublimé. Le vêtement est tantôt considére comme une habitation que le corps s’approprie en lui imposant sa propre construction intérieure, tantôt une seconde peau sexy que des armatures « corset » avantgardistes étreignent ou des jeux de laçages soulignent. ces déesses aux tailles marquées se parent de détails sophistiqués, sous la forme de miroirs, dentelles de rhodoïd, pierres, perles, entailles au laser, imprimés kaléidoscopiques, effet de superpositions et d’asymétrie. Les teintes neutres (beige, noir, chair) sont bousculées par les couleurs chatoyantes (turquoise, rose, orange) et s’impriment sur des textures transparentes et aériennes, « dont les mouvements créent des formes inattendues. » Avantgardistes, ses créations sont surtout intemporelles : « Je veux que mes clientes puissent ressortir mes robes six mois ou six ans plus tard, et les trouver toujours aussi attirantes. » Le créateur puise aussi son inspiration au cœur de ses origines, desquelles il a hérité d’une richesse multiculturelle. Au détour de ses collections se rencontrent l’esthétisme idiosyncratique grec et l’amour du savoir-faire autrichien. L’attention aux détails est toujours au service de l’élégance. Sa collection été 2009 en est l’illustration parfaite. définie comme étant « l’interprétation désirable et raffinée du côté obscur du désir », elle réinvente des coupes simples en s’inspirant des oeuvres de christo et des robes traditionnelles grecques. Les robes fluides ou drapées en jersey de soie ou en cuir sont ceinturées et ligotées de cordage, le daim ajouré se confond avec la peau, les entailles au laser ou constructions asymétriques dévoilent les corps et les « armures » sinueuses de cordage métallique épousent les courbes, enserrent le cou et les épaules. Mi-vestales mi- guerrières, ces égéries ondoyantes arborent des robes tissées de fil d’argent, délicatement suspendues aux épaules par de fines chaînes. Sa collection hiver 2009/10 est également un hymne à la féminité. Le créateur a joué sur les volumes pour dessiner des robes « sculptures » aux tailles accentuées et courbes magnifiées, qui enveloppent les corps tels des coquilles iridescentes. Rouge, turquoise et fuchsia illuminent le satin et la soie et se parent de détails précieux. Les amas de pierres apparaissent en trompel’œil à travers des entailles en éclair, tandis que les imprimés imitent les matières minérales. Á travers ces parures flamboyantes, Marios Schwab voulait « reproduire les stades de l’évolution géologique. » Mais audelà de la dimension conceptuelle, le créateur nous prouve surtout à nouveau sa faculté pour embellir les femmes. Distribué aujourd’hui dans 35 magasins à travers le monde, il ne compte pas arrêter ce dessein en si bon chemin. Alors qu’il travaille actuellement sur la création d’un parfum, il exprime son désir de « renouveler des collaborations qui donnent l’opportunité de travailler des matériaux précieux et raffinés » comme il l’a déjà fait avec Swarovski ou la créatrice de bijoux Ileana Makri. Sa nouvelle terre d’adoption semble lui donner des ailes : « Londres est éclectique, libre de Contraintes et tellement propice à la création expérimentale. » Un terrain idéal pour le créateur dont les moteurs sont « le risque et l’adrénaline.» Marios Schwab vient tout juste d’être nommé directeur artistique de la marque de luxe américaine Halston.

Vendu Chez Maria Luisa à Paris, Barneys à New York, Diver Street Market, Harvey Nichols et Browns à Londres.

 

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