Á l’époque Merrill Nisker enseignait la musique et le théâtre aux enfants le Jour et faisait du rock la nuit.
Un peu plus tard, elle part rejoindre Gonzales à Berlin et crée, lors d’un concert improvisé, son personnage : Peaches. Très vite elle enregistre son premier album the Teaches of Peaches. Armée d’une Roland MC-505 et de textes sulfureux et décalés, elle pose les bases d’un style musical, souvent assimilé à l’electroclash, qui se révèle parfaitement unique et inclassable tant le minimalisme sonore s’accompagne d’une musicalité variée. Sur scène, Peaches est un phénomène rare. En 2003, elle donne un show foudroyant en première partie du concert de Björk à Bercy et son hymne « Fuck the Pain Away » se retrouve sur la bande son du mythique Lost in Translation de Sofia Coppola. Dans Fatherfucker, son deuxième album sorti la même année, figure son duo avec Iggy Pop, le tonitruant « Kick It ». Ses morceaux sont de plus en plus utilisés au cinéma, dans la pub et dans des séries télévisées.
En 2006 sort Impeach My Bush, sur lequel elle multiplie les featurings (avec entre autres Joan Jett, Josh Homme des Queen of the Stone Age, Feist ou Beth Ditto de Gossip, alors inconnue du grand public...) pour un résultat explosif.
son dernier album I Feel Cream (!) réussit l’exploit d’être à la fois plus mélodieux et encore plus percutant que les albums précédents. Peaches élargit son paysage musical et émotionnel, offre même une voix délicieusement douce sur certains titres tout en restant fidèle à son univers. Son nouveau spectacle, grandiose, libre et créatif privilégie une dimension humaine, un côté « Fait Main ». De jeunes créateurs, comme Brian Lichtenberg, Lie Sang Bong, Vilsbol de Arce, Black Homme, Vaughan Alexander ou le coiffeur charlie Le mindu, mettent religieusement leurs univers au service de Peaches. Vendredi 27 mars 2009, 18h30, avec un trac épouvantable, je rencontre cette immense artiste pour une brève interview.
Quels étaient vos souhaits pour ce nouvel album ?
P : Jusqu’ici j’ai fait trois album vraiment hardcore que j’ai produit seule. Je faisais tout, et je me suis dit que ce serait amusant de partager la tâche avec d’autres et de voir ce que ça donnerait. Le résultat est un peu plus accessible que mes précédents opus.
Il y a moins de duos sur cet album...
P : Les featurings sont plus au niveau de la production cette fois-ci. Je voulais que l’album soit fabriqué un peu comme un album dance.
Le disque sonne plus pop, il y a même quelques chansons qui parlent d’amour, mais en même temps le son et les mots restent extrêmement percutants. est-ce qu’il a été compliqué de trouver cet équilibre miraculeux ?
P : J’ai eu la chance de travailler avec digitalism, drums of death, Gonzales, Simian Mobile Disco et Soulwax à la production et cet équilibre s’est installé assez naturellement, en fait.
Est-ce qu’il est difficile aujourd’hui d’être un artiste libre et créatif ?
P : Je crois que j’ai imposé ma personnalité, c’est cool. Je peux faire ce dont j’ai envie. C’est vraiment bien ! certains artistes souffrent du fait que leur image ait pu dépasser leur musique, et cela me préoccupait il y a quelques temps. Mais ce n’est plus le cas, depuis que je me suis rendu compte que cela me permettrait de faire absolument ce que je veux ! Je pourrais faire des films, des installations vidéo... Mon personnage est devenu plus grand que sa musique, et au final, je prends ça comme une chance.
Quelles sont vos sensibilités par rapport à la mode ?
P : De nombreux créateurs m’offrent des tenues, et si je les aime, je les porte ! Les vêtements expriment ce que l’on est. J’aime avoir un design bien à moi ! Surtout dans mon nouveau show, où je m’exprime plus que jamais. J’ai un
ami styliste australien, Vaughan Alexander, qui est venu à Berlin dans mon studio d’enregistrement pendant trois semaines.
on s’asseyait ensemble et l’on imaginait de nouvelles tenues. Il a créé des pièces incroyables pour ce nouveau spectacle. C’est vraiment génial de travailler avec de tels designers, d’autant plus je ne suis pas en mesure de les payer à leur juste valeur!
Vous êtes une des rares héroïnes de la planète rock actuelle. C’est fantastique qu’il existe encore des rapports aussi intenses et sincères entre la mode et la musique...
P : J’étais sur l’enregistrement de One Shot Not (émission musicale de Manu Katché sur Arte, ndlr) hier soir, et c’est vrai... Je me sentais un peu seule ! (rires).
Texte et photos_Clément Schneider








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