Arrêt sur icône: Marina Hands

Publié le 10 mai 2010, 15:24
Arrêt sur icône: Marina Hands

A tout juste 33 ans, Marina Hands, déjà césarisée et chevalier de l’ordre des arts et des lettres, possède une façon bien à elle d’attirer le regard. Une beauté atypique alliant une féminité ultra sensuelle à une aura masculine. Composant avec ces deux facettes, la comédienne au charme hypnotique s’impose doucement mais sûrement sur le devant de la scène française... sans jamais trop en faire.

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A l’affiche, dès le 3 février, d’une Exécution Ordinaire aux cotés d’André Dussolier et Edouard Baer, Marina irradie par son talent authentique, dans le premier film de l’écrivain Marc Dugain (La chambre des officiers, La malédiction d’Edgar, et Une exécution ordinaire). Après une séance photo haute en chic, Marina se pose, vêtue d’un veston d’homme Christian Lacroix, d’un slim brut et d’une chemise à vichy rouge. Elle est prête pour l’interview.

Aviez-vous lu le livre avant d’accepter le rôle?
Oui, car le scénario n’était pas encore fini. Le producteur me contacte, me parle du projet, me demande de lire le livre et m’explique que c’est le premier film de Marc, l’écrivain et metteur en scène. Ce qui est assez génial quand c’est l’auteur qui réalise c’est qu’on ressent toute l’atmosphère contenue dans la narration.

Quelles ont été vos impressions ?
J’ai été touchée par le personnage de cette femme incroyablement courageuse. J’adore son rapport à l’homme qu’elle aime, autant que sa lutte pour avoir un enfant. Son métier aussi : elle est urologue et possède un don de magnétiseur. C’est un personnage banal à qui il arrive quelque chose d’exceptionnel. Pas de place pour l’héroïsme flamboyant. Quant à l’histoire, j‘ai beaucoup aimé cette mise en scène en huis clos qui mettait parfaitement en exergue l’idée d’une toute puissance (le gouvernement stalinien ndr) qui parvient à dénaturer un peuple en brisant ce qu’il y a autour de lui.

En effet, rien ne semble appartenir au peuple, même pas l’amour. Justement, vous croyez-vous en l’amour absolu?
Oui j’y crois. D’ailleurs Anna (personnage incarné par Marina ndr) agit pour préserver son amour. Personnellement, je ne crois pas en l’amour toujours, confortable. Mais en l’amour absolu oui ; l’amour comme force d’action, une énergie totale qui n’est pas juste de la tendresse, ou du réconfort.

Vous jouez souvent des rôles de femmes fortes, passionnées, à quoi se résume pour vous la passion?
Le problème de la passion aujourd’hui c’est qu’elle est vue de façon négative, destructrice. Je ne partage pas cet avis, parce que j’y mets plus l’idée de don de soi à l’autre. C’est une part de vous qui se passionne pour l’autre. Cette place que vous donnez à l’autre dans votre vie, c’est un espace aussi important que votre propre existence. L’amour n’existe pas pour moi sans le don de soi, sans gratuité.

A choisir : théâtre ou cinéma ?
Je serais tentée de dire le théâtre pour l’espace de liberté intouchable qu’il offre à l’acteur : c’est lui et le public. Mais c’est en même temps ce qu’il y a de plus difficile. Le théâtre c’est l’arène, car le spectacle vivant impose une pression supplémentaire ; alors qu’au cinéma on est plus encadré, on peut rejouer la scène.

Un rôle ?
Un rôle d’homme, Hamlet, par exemple.

Quelques mots de mode. Votre tenue idéale ?
Un jean, des baskets ou bottines, bref, allier l’élégance et la décontraction.

Vos créateurs ?
J’adore Chloé, Margiela et l’éternel chic de Saint Laurent.

Enfin, la marque dont vous usez et abusez ?
Isabel Marant

 

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