Athena Procopiu

Publié le 10 mai 2010, 16:07
Athena Procopiu

ATHENA A LE PHYSIQUE D’UNE DÉESSE GRECQUE. NORMAL. ATHENA N’AIME PAS LA GUERRE. POURQUOI ? ELLE AIME LA MUSIQUE ET LES CONTES DE FÉES. ENFANT ELLE EST PIANISTE, PUIS ELLE QUITTE LA SUISSE POUR PARIS ET ÉTUDIE L’HISTOIRE DE L’ART CHEZ CHRISTIE’S. MAIS ATHENA S’ENNUIE VITE, ELLE A ENVIE DE FAIRE DE L’ART, ELLE A ENVIE D’ALLER À CENTRAL SAINT MARTIN’S SCHOOL. ELLE PART À LONDRES.

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C’est à ce moment crucial de sa vie qu’on se rencontre pour la première fois. Elle et moi. Athena et Romina. Le début de notre histoire. De l’art. Juste avant l’avènement du deuxième millénaire. Le contact d’Athena me rends toujours un peu nostalgique. Romantique. Il y a de la poésie dans son art. Elle écoute les Doors et elle dessine des mondes à la Tim Burton. Je crois qu’elle ne retient que la profondeur, elle transforme le reste en beauté. Athena choisit ses projets selon l’inspiration. Design graphique, imprimés, papiers peints ou illustration, le support importe peu c’est l’instinct qui la guidera vers un client plutôt qu’un autre.
Elle a notamment collaboré avec Condé Nast, le magazine Icon et Esquire, les marques Urban Outfitters, Oneseason et Dress Gallery et depuis peu avec le célèbre magasin “Liberty” de Regent Street. Elle expose aussi dans des lieux aussi prestigieux que la Deluxe Gallery de Hoxton Square.
Alors quand Athena vient à Paris je l’emmène un peu partout en passant par le Louvre car elle se trouve une ressemblance avec Mona Lisa, qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Puis les cafés, la seule chose qui manque vraiment à Londres alors on les fait tous.
Une question par café, mais Athena bois du thé. Elle se laisse porter.

R.S. : La première chose que tu fais en te levant.
A.P. : Un câlin à Roméo, mon chat.

R.S. : A quoi tu rêves?
A.P. : Je vis dans un rêve, je crois même que les plus beaux moments de ma vie sont pendant mon sommeil. Je rêve que Londres soit à Sydney. Je rêve d’une vie éternelle. J’aimerais être un vampire.

R.S. : Décris ta notion du temps.
A.P. : Je n’arrive pas a avoir conscience du temps. J’ai tout le temps l’impression que la vie va s’arrêter. J’ai très peur de la mort.

R.S. : Penses tu qu’il y a un ordre dans le hasard?
A.P. : Oui. J’aime bien l’idée que le battement d’aile d’un papillon a Sydney puisse changer le cours des choses de ma vie dans mon petit ap- partement de Chelsea.

R.S. : Décris ton processus de création.
A.P. : Un thé. De la musique et des images qui m’inspirent. Mon humeur, aussi. Je suis très instinctive. Spontanée. Je ne sais jamais vraiment ce que je vais faire avant de le faire.

R.S. : Quand est ce que tu sais qu’une illustration est finie?
A.P. : Jamais. Je crois que la beauté de l’oeuvre est dans l’inachevé. L’oeuvre en suspens. C’est comme ça que je trouve l’harmonie.

R.S. : Qu’est ce que l’illustration?
A.P. : Je n’arrive pas a m’exprimer avec des mots, l’illustration est un langage dans lequel je me sens beaucoup plus à l’aise. Je crée des mondes qui me ressemblent ou auxquels j’aimerais ressembler. Tout est permis. J’aime partir d’une photo, d’une part de vérité et lui imposer mes fantaisies. Je suis libre de tout inventer et de tout imposer.

R.S. : Pourquoi des imprimés?
A.P. : J’adore la mode. Je me dis que mon imprimé donne vie à un vêtement qui inspirera celui qui l’achète à un peu plus de folie. Qu’ils entreront inconsciemment dans mon univers en le portant.

R.S. : Quel est ton moteur dans la création?
A.P. : Faire ce que j’aime et l’espoir d’inspirer les autres. Ne jamais cesser de me renouveler. Sinon je m’ennuie. Je suis une éternelle insatisfaite, j’ai besoin de me remettre en question, de me mettre en danger pour avancer.

R.S. : Qu’est ce que tu détestes?
A.P. : La cruauté. La radinerie et l’odeur du Chicken Tikka Masala

R.S. : Qu’est ce qui te manques?
A.P. : Du réalisme. Je n’ai pas les pieds sur terre. Je vis dans un monde surréaliste.

R.S. : Qu’est ce qui t’inspire?
A.P. : La mode. Londres. La photo. Le magasin Liberty. La musique. J’adore le romantisme et l’univers de Tim Burton. Et toi, Romina. Tes photos.

R.S. : Quelle musique?
A.P. : Velvet Underground, Nirvana, les Doors, Led Zeppelin, Jimi Hendrix mais aussi... Jean-Jacques Goldman. Mais pas la musique classique, ça m’irrite.

Interview_Romina Shama

 

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