Il faut, pour se laisser surprendre par l’ambiance si particulière d’Istanbul, y arriver le soir, tard de préférence. Dans l’obscurité précoce d’une soirée d’hiver, on peut atteindre son hôtel dans le quartier historique de Sultanahmet, sans avoir rien vu que des enseignes lumineuses. Tout cela serait sans aucun intérêt si ce n’était celui de préparer la suite. A 5 heures du matin, dans la nuit noire, le sommeil interrompu par un son incongru, vous entendrez le chant des muezzins. Et cela, comme le disait sans doute en son temps le sultan de Constantinople, Soliman le Magnifique : « cela vaut son pesant de loukoums ». Et ce n’est qu’une mise en bouche du grand dépaysement qu’offre Istanbul. Au matin pâle, on se lance dans les ruelles étroites de ce vieux quartier. Au détour de quelqu’une, il faut dégoter un hammam traditionnel, fameux bains turcs parfois vieux de plusieurs siècles, où l’on vous masse et savonne sans manière. Plus loin, dans une cours intérieure, des moustachus portant la chéchia fument la chicha, à la pomme, comme le thé, que l’on avale, en bon occidental, en se brûlant la langue. Mosquée bleue, Sainte-Sophie, palais de Topkapi, on goûte le meilleur des splendeurs d’antan de la ville.
Mais Istanbul,«portedel’orient»,estdevenue, en évoluant, la porte vers la modernité. Il suffit, pour s’en convaincre, de passer le pont de Galata. De l’autre côté, la cité un peu vétuste renaît de ses cendres, comme agitée d’un nouveau souffle. Ici, plus les muezzins mais des artistes, des designers et toute une faune de « créa ». Une jeunesse dorée a pris le pas sur la génération tradition. Pour les derniers septiques, il fallait être là lors du premier grand événement mode : Istanbul Fashion days. Les arcades de l’université technique, éclairées rose-bonbon, bruissaient de journalistes nationaux et internationaux venus assistés aux défilés de Gamze Saracoglu et des cinq jeunes talents que chaperonne Bahar Korcan, créatrice et présidente de l’Association des jeunes créateurs turcs.
Arzu Kaprol, habituée des podiums, en sus de sa ligne, renouvelait sa collaboration pour le label Que, avant de recevoir les VIP dans son show-room design, construit sur une rive du Bosphore. Elaidi, autre créatrice phare, organisait une dégustation de spécialités culinaires turques directement dans l’intimité de son jardin suspendu au dessus de la ville. De parties en défilés, de défilés en parties, Istanbul, désormais, vit, vibre, sort ses paillettes et ses berlines. Shopping dans le quartier de Taksim, un verre du côté de Asmalimescit, la fin de la nuit au Reina ou au Crystal Club. Et si c’était ça, Byzance ?
Texte_Julie Montmorency








Aucun commentaire pour le moment