Acrobatic shoes

Souliers haute voltige

Aussi longtemps qu’il se souvienne, Rupert Sanderson est passionné de chaussures. A 41 ans, ce créateur londonien hypnotise les femmes avec ses créations si captivantes qu’on ne saurait dire si elles sont hors mode ou ultra mode.

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C’est dans sa boutique et showroom de Bruton Street, au coeur de Mayfair, que Rupert Sanderson nous répond d’emblée : “je n’appartiens pas au monde de la mode”.

Chemise blanche, pantalon en toile beige, bottines en daim chocolat signées Church, le regard clair, il a l’allure raffinée de ses créations, à la fois minimales et hydiosyncratiques. Il s’explique : “ je veux être totalement indépendant. Suivre la mode et copier les autres ne m’intéresse pas”.

Il faut croire que la recette fonctionne puisque ses chaussures se trouvent déjà aux pieds de Stella McCartney, Scarlett Johansson, Karin Viard ou encore Carole Bouquet, tandis que les médias le propulsent sur un pied d’estale en voyant en lui un nouveau Manolo. Mais au delà des paillettes et falbalas, ce qui intéresse surtout cet artisan dans l’âme, c’est la fabrication de l’objet en lui-même. “Il faut être obsédé par le détail et façonner à partir d’un morceau de bois un objet qui doit tenir debout.

Acrobatic shoesc’est un peu comme faire de la poterie. En beaucoup plus excitant car les chaussures déclenchent chez les femmes des passions irraisonnées”. Il raconte son obsession pour les chaussures et évoque son premier souvenir “mon père m’avait offert une paire de desert boots, je devais avoir 6 ans et j’éprouvais une immense fierté”. Depuis, sa passion ne l’a jamais vraiment quitté. C’est elle, qui, dix ans auparavant, lui fait mettre terme à une brillante carrière de publicitaire. Sur les bancs de Cordwainers à Londres, il s’initie à manier l’art de la chaussure puis paufine son art et son gout esthétique auprès de Bruno Magli et Sergio Rossi.

En 2001, il dévoile sa première collection. Son amour pour la belle fabrique se reflète dans la qualité irréprochable de ses chaussures. “je créé avec beaucoup de rapidité, mais c’est la fabrication qui prend du temps, un mois et demi pour un modèle en moyenne”. Méticuleux, il est sans cesse en quête de perfection pour ses souliers. C’est en Italie- à Bologne- qu’il va la chercher auprès des meilleurs artisans. Il y rachète en 2006, une usine ayant déjà travaillé pour Magli. D’une fabrique italienne, ses créations ont pourtant la quintessence même du style anglais. Les coupes classiques sont estampillées de détails subtils tels que lignes asymétriques, boutons, boucles, couleurs audacieuses ou utilisation de matières saisissantes.

Il cite en exemple : “Pour ma prochaine collection été 2009, j’utilise des matières plus expérimentales, comme la résille ou l’alumunium”. Sa signature, “des coupes simples ponctuées de matières extrêmes”, exprime sa philosophie : “Plus c’est simple, plus c’est beau. Je déteste le too much, j’essaye de rester minimal et de toujours enlever plutôt que rajouter”.

Rupert SandersonLes coupes parlent d’elles mêmes. Pas de froufous inutiles qui viennent polluer à outrance, mais uniquement la pureté des silhouettes mise en valeur par des détails choisis. Prolixe, Rupert Sanderson produit quatre collections pas an. Cet hiver 2008, il livre une collection à la fois classique, excitante et moderne : les escarpins à bouts pointus se hissent sur des plateformes et se déclinent sur une palette de couleurs vibrantes (jaune, rose, violet, prune..), les “salomés” se modernisent en se parant de touches métalliques ou satinées, le classique “derby” se cambre sur des talons aiguilles de 12 cm et s’habille de cuir verni verni.

La low boot baptisée “Kitkat” est un véritable bijou de design : juchée sur un talon de 12 cm et une semelle plateforme, elle est gainée d’une seconde peau sexy en cuir verni, daim ou PVC transparent, zippée à l’arrière du talon, telle une robe seyante. Partout, les inspirations “rétro” sont réactualisées d’un twist moderne. Ses inspirations? “Tout ce qui attire mon oeil.

Chaussures hautesJe les puise principalement dans l’architecture et le design, avec une prédilection pour les années 50 qui symbolisent l’explosion de la création après des années d’austérité”. Sans jamais verser dans la surenchère, Rupert Sanderson préfère de loin l’“understated” (sous-entendu), cette réserve distinguée que l’on retrouve chez les femmes arborant ses chaussures, “des femmes qui ne se définissent pas seulement par ce qu’elles portent”. Sélectives, indépendantes, elles utilisent les chaussures comme le point de ponctuation à leur tenue. “elles complètent l’allure et les rendent sexy. Je respecte beaucoup la liaison irrationnelle que les femmes entretiennent avec cet objet”. Et nous lui rendons bien.

De 260 à 450 Livres Boutiques à Londres : 2a Hans Road, Knightsbridge et 33 Bruton Place Mayfair . Également en vente chez Selfridges et Harods. En France chez Hoses (Paris ), René Mancini et Gago (Aix en Provence)

 
 
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